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Davydenko, bientôt la fin?

C’est sans bruit que Nikolay Davydenko avait percé sur le circuit ATP. C’est aussi sans bruit que le Russe est en train de glisser doucement mais surement dans l’anonymat du tennis mondial. Retour sur son ascension et son déclin actuel.


La première fois que j’ai vu jouer Davydenko, c’était à Roland Garros 2003 où il avait perdu en 4 sets serrés contre Lleyton Hewitt, alors numéro 1 mondial. Je m’étais dit « Hewitt a eu chaud contre un second couteau ». Je n’étais pas loin de la vérité. A cette époque Davydenko végétait dans le top 100 en enchaînant les performances anodines ou brillaient dans les tournois mineurs. Jusqu’au déclic de l’Open d’Australie 2005. Il se qualifie pour les quarts de finale sans perdre un set, collant au passage une raclée à Tim Henman (7ème mondial) et Guillermo Canas (12ème) avant d’abandonner contre Roddick. Là, je m’étais dit « vraiment n’importe qui peut atteindre un quart de finale en Grand Chelem ». Impression trompeuse car Davydenko était déjà dans le top 30, suite à une victoire en fin d’année à Moscou.

A Roland Garros 2005, le public français découvre un Russe frêle, peu charismatique, au jeu tout en cadence, pas forcément très spectaculaire mais diaboliquement efficace. Il atteint les demi-finales de Roland Garros, un peu à la surprise générale, en sortant coup sur coup Guillermo Coria, le finaliste de 2004 et Tommy Robredo, tombeur de Marat Safin un peu plus tôt dans le tournoi. Il cède en 5 manches contre Mariano Puerta alors qu’il avait le match en mains. Peu nombreux étaient ceux à l’époque qui pensaient que le Russe allait s’installer, puis s’accrocher en haut du gratin mondial pendant si longtemps.

Pourtant, la « mobylette » Davydenko est lancée. Malgré un couac à l’US Open 2005, il se hisse de nouveau en quart de l’Open d’Australie en 2006, en inquiétant très sérieusement Roger Federer (victoire du Suisse 6/3 4/6 7/6 7/6). Là, plus personne ne rigole. Davydenko est devenu une valeur sure. Un stakhanoviste des courts, qui comme Kafelnikov à une époque, écume les tournois de seconde zone (et les dollars au passage) et se montre redoutable en Grand Chelem (sauf à Wimbledon).

Suivront des demi-finales à l’US Open (2006 et 2007) et à Roland Garros (2007), toutes perdues contre Federer et 3 autres quarts de finale en Grand Chelem. Et à côté de cela? Des coups d’éclat, comme cette raclée infligée à Nadal en finale de Miami 2008, le titre à Paris Bercy en 2006, une demi finale d’anthologie perdue à Rome contre Nadal en 2007 (au plus fort de l’incroyable série d’invincibilté de Nadal sur terre battue) et surtout… une fin de saison 2009 époustouflante où il enchaîne titre à Shanghaï en battant Nadal puis la victoire en Masters Cup. Il gagne ensuite le tournoi de Doha en battant coup sur coup Roger Federer et Rafael Nadal. On se dit que c’est le moment ou jamais pour qu’il triomphe enfin en Grand Chelem. En Australie, il continue sur sa lancée en jouant un tennis de rêve. Contre Federer, en quarts, il mène 6/2 2/0 balles de double break. Et patatras. Roger revient dans le match et l’élimine. Cette défaite fait mal mais c’est surtout son poignet qui lâche quelques semaines plus tard.

Davydenko rate une bonne partie de la saison et lorsqu’il revient, ce n’est plus le même joueur. Il n’est plus aussi régulier. Il perd contre des joueurs qu’il avait l’habitude de battre sans problème. Il termine la saison à la 22ème place mondiale, lui qui avait fini top 10 depuis 2005 (meilleur classement 3ème dès 2006).

Aujourd’hui on découvre presque qu’il ne pointe qu’à la 39ème place mondiale. Certes il n’aura pas de points à défendre pendant une bonne partie de la saison mais son jeu, son attitude, inquiètent. Davydenko a-t-il toujours la motivation? On sait combien il est difficile de revenir avec une grave blessure… sans doute encore plus en fin de carrière… quand on sait pertinemment que les jeunes progressent à grande vitesse et qu’on entame soit-même le crépuscule d’une carrière. Son frère, Edward, son coach de toujours, a cessé de l’entraîner. Le jeu de Davydenko, basé sur un jeu de jambe et une mobilité irréprochables peut voler en éclat s’il n’est pas à 100%. Aujourd’hui, ses défaites contre des « seconds couteaux » ne font plus peser des soupçons de matchs truqués comme à une époque.

A 30 ans, le meilleur est sans doute derrière lui. Parti comme il est venu? A lui de nous prouver le contraire.


Le Kangourou

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