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Coup de gueule : Non, Lleyton Hewitt n'est pas nul sur terre battue

L’Australien n’est peut-être plus ce qu’il était, n’a jamais gagné Roland Garros, mais on ne peut en aucun cas affirmer qu’il est “nul sur terre battue”. Coup de gueule.

Dans le tennis, comme dans la vie, les idées reçues ne manquent pas. Retour sur le CV d’Hewitt sur terre battue.

 Au lendemain d’une victoire nette et sans bavure sur Jérémy Chardy (7/5 6/0 6/4),  je me suis étranglé en lisant ce matin un article où était évoquée la « nullité de Lleyton Hewitt sur terre battue ».  Le présent article ne tend pas à prouver qu’Hewitt est un grand joueur de terre battue mais bien à démontrer que le mot nullité ne peut en aucun cas être appliqué à l’Australien.

 

Certes, Roland Garros est le Grand Chelem où Lleyton a le moins brillé. Contrairement aux 3 autres, il n’y a jamais atteint la finale, ni même la demi-finale, ne présentant que 2 quarts de finale à son actif (2001 et 2004). Symptôme de nullité ? Regardons plutôt ses bourreaux porte d’Auteuil.

 

A sa grande époque (2000-2002), il  chute en 2000 (huitièmes de finale) contre Albert Costa (futur vainqueur en 2002) puis en 2001 contre Ferrero (quart de finale) en pleine ascension et futur vainqueur (2003), en ayant tout de même épinglé Canas en huitièmes de finale (en lui remontant 2 sets SVP). En 2002, il chute en tant que numéro 1 mondial contre ce même Canas en huitièmes dans un match acharné qui bascule lors d’un tie-break homérique lors du second set (perdu 15 points à 13) alors qu’Hewitt menait 1 set zéro.

 

Il est éliminé en 5 sets en 2003 par Tommy Robredo (qui osera dire que Robredo n’est pas une valeur sure sur terre ?) puis atteint les quarts de finale en 2004, battu par un Gaudio alors au sommet de son art (futur vainqueur de l’édition). 2005 : absent, sur blessure.

 

 Et depuis ? Hewitt est éliminé 3 fois par Nadal en 2006, 2007 et 2009. En 2006, il chute en 4 sets contre l’ogre majorquin et l’inquiète sérieusement lorsqu’il se procure 2 balles de break à 3/2 dans le troisième set alors que les deux joueurs sont à égalité 1 set partout. En 2007, il écarte Gaudio puis Nieminen (alors 23ème mondial) avant de perdre de nouveau contre Nadal, assez sévérement, malgré un sursaut dans le troisième set (tie-break). En 2008, alors que sa hanche le fait souffrir le martyr, il ne s’incline qu’après une lutte acharnée de 5 sets face à David Ferrer, à l’époque dans le top 10 (l’équipe TennisOnline était dans les tribunes et peut en témoigner). 2009 : Rafael Nadal lui colle une fessée (est-il le seul à en avoir reçu ? Pas même Federer peut répondre non à cette question).

 

Sur la base de ces faits, peut-on vraiment dire que Hewitt est nul sur terre ? Combien de joueurs ont pris de sets à Rafael Nadal à Roland Garros ? Est-on « nul » quand on perd contre autant de futurs vainqueurs ? Je vous laisse juger.

 

En outre, d’autres faits plaident en faveur de l’Australien. En 2001, il bat en Coupe Davis, sur terre battue, au Brésil, en 3 sets (7/6 6/3 7/6), Gustavo Kuerten, l’année du triplé du Brésilien Porte d’Auteuil. Et oui, pas mal pour un joueur « nul  sur terre battue », non ?

 

Ajoutez à cela 2 titres (Delray Beach en 1999 et Houston en 2009) et quelques coups d’éclats (2 demi-finales à Hambourg dont une perdu 7/5 au troisième contre Nadal en 2007 et une demi finale à Rome).

 

En fait, on peut même dire que le CV d’Hewitt sur terre battue est plus que correct. Notamment pour un joueur qui a toujours manqué de puissance et qui aime s’appuyer sur la vitesse des coups de ses adversaires. Si on avait un joueur français avec ce palmarès, nous permettrions-nous de le tacler de la sorte ?

 

Le Kangourou

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